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Vous roulez seul ou à quelques véhicules. Vos factures partent chaque mois à 3, 5, parfois 20 clients réguliers — et la réforme 2026 vous concerne autant que les grandes flottes. Bonne nouvelle : l'adaptation est beaucoup plus simple qu'on ne le dit. Ce guide fait le tour de ce qui change, de ce qui ne change pas, et de la façon la plus rapide d'être en règle.
La réforme 2026 en deux phrases
À partir de septembre 2026, toute entreprise française — y compris les auto-entrepreneurs — doit recevoir des factures électroniques structurées pour ses achats B2B. L'émission suit un calendrier progressif selon la taille : les grandes et moyennes entreprises d'abord, les TPE et micro-entreprises ensuite. Mais dès lors qu'un de vos clients professionnels a basculé, vous devez pouvoir lui envoyer vos factures via une plateforme de dématérialisation agréée.
En pratique, vous ne pouvez plus échapper au format électronique au prétexte que vous êtes petit : la règle s'applique dès lors que votre client l'exige.
Quel statut, quelles obligations ?
Auto-entrepreneur / micro-entreprise
Vous facturez avec un tableur, un modèle Word, ou une appli de facturation basique. Vos factures doivent passer par la plateforme dès que votre client B2B est lui-même basculé (ce sera progressif entre 2026 et 2027). La franchise en base de TVA ne vous dispense pas : la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » est simplement reportée automatiquement sur la facture Factur-X.
SASU, EURL, SARL
Même logique, avec un plus : si vous êtes en régime réel de TVA, vous devrez aussi transmettre l'e-reporting (données agrégées de TVA) à la DGFiP mensuellement ou trimestriellement. Là encore, une plateforme agréée le fait pour vous en arrière-plan.
Cas particulier : vous basculez de micro à SASU en cours d'année
Vos obligations changent (régime TVA, mentions, rythme des déclarations), mais votre outil de facturation n'a pas besoin de changer. Vous mettez à jour votre SIRET et votre régime dans votre espace, les mentions obligatoires suivent automatiquement.
Les mentions obligatoires minimum
Une facture — électronique ou pas — doit contenir au minimum :
- Numéro unique séquentiel et date d'émission
- Identité de l'émetteur : nom, adresse, SIRET, forme juridique (s'il y en a une)
- Identité du client : raison sociale, adresse, SIRET
- Désignation de la prestation (trajet, dates, nature du transport)
- Prix unitaire HT, quantité, montant HT, taux et montant de TVA (ou mention de franchise), montant TTC
- Conditions de règlement (date d'échéance, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €)
Pour les prestations de transport, on ajoute généralement le numéro de commande, le trajet et la date d'exécution. Le détail de toutes les mentions légales est couvert dans notre article sur les 34 mentions obligatoires d'une facture de transport.
Comment facturer concrètement, étape par étape
1. Vous rédigez votre facture comme d'habitude
Dans votre outil habituel : Excel, Word, modèle PDF, application mobile, ou directement dans l'éditeur de votre plateforme. Pas besoin de tout refondre.
2. La facture est convertie au format Factur-X
La plateforme lit votre document et produit un fichier au format Factur-X, qui est un PDF classique enrichi de données structurées XML. Vous voyez la même facture qu'avant, mais derrière il y a des données lisibles par n'importe quel ERP client.
3. Transmission via la plateforme au client
Votre plateforme agréée envoie la facture à la plateforme de votre client (qui peut être la même ou une autre). Votre client reçoit dans son espace, avec toutes les données prêtes à être intégrées à sa compta.
4. Suivi, archivage, conformité
Vous voyez le statut (envoyée, reçue, mise en paiement, payée), vos factures sont archivées 10 ans automatiquement, l'e-reporting DGFiP (si applicable) est transmis en arrière-plan.
Cas particuliers
Vos clients particuliers (B2C)
Courses pour particuliers, livraisons à domicile ? Ces opérations ne passent pas par la plateforme agréée. Vous continuez à émettre des factures ou tickets classiques comme aujourd'hui. En revanche, les montants doivent être agrégés dans l'e-reporting transmis à la DGFiP à votre rythme TVA habituel.
Vos clients à l'étranger
Pour les clients hors UE (export), pas d'obligation de plateforme agréée. Vous émettez une facture classique avec la mention « Exonération de TVA, article 262 I du CGI ». Le montant est déclaré via l'e-reporting. Pour les clients intracommunautaires (autoliquidation TVA), même règle.
Règlement en espèces ou en chèque
Le moyen de paiement reste libre. La plateforme ne gère que l'émission et la transmission de la facture. Le règlement se fait ensuite selon ce que vous convenez avec votre client, dans la limite des plafonds légaux pour les espèces (1 000 € entre professionnels).
En résumé
- La réforme vous concerne, quel que soit votre statut et votre volume de factures.
- Vous n'avez pas besoin de changer d'outil de facturation ni d'apprendre le XML.
- Les mentions légales, la conversion Factur-X, l'e-reporting et l'archivage 10 ans sont gérés par la plateforme agréée que vous choisissez.
- Le coût est modeste — à partir de 19 €/mois pour un indépendant — comparé au risque d'une facture rejetée ou d'un contrôle fiscal.
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